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Euro Féminin, Saluzzo 2015 : Avec Stéphane Fournier
le 09-11-2015
par Christophe Campiglia
Mardi 10 novembre 2015 débute le championnat d'Europe féminin, avec le tirage au sort (à 18h30) suivi de la cérémonie d'ouverture (à 21h00). La compétition sera à suivre en direct sur Sport Boules Diffusion . A la veille de l'Euro féminin, Stéphane Fournier, l'entraîneur national féminin, complète un retour sur les interviews des athlètes.

Fort sentiment d'appartenance au Collectif

De toutes les interviews des athlètes ressort un fort sentiment d'appartenance à un groupe. La force d'un collectif peut-elle transcender les joueuses sur des épreuves individuelles, une fois seule sur le terrain ? "Chaque individu apporte des choses au groupe, par son expérience, son ressenti, sa volonté, ses peurs,... Comme il y a plusieurs personnes, il y a plusieurs vérités ... Aussi, il convient de donner la parole à tous et de partager, sans juger. Le groupe, qui se constitue dans le respect, la confiance et la volonté de produire des projets, donne ainsi de la force, de la motivation, du réconfort à l'individu afin qu'il s'épanouisse pleinement".

Le collectif est à la base une somme d'individualités, bonifié par l'apport de chacun. La construction du groupe se bâtit notamment sur  des échanges individuels. "Concernant le coaching ou les conseils d'entrainements, ils  sont personnalisés et amenés différemment selon les personnes. Les athlètes parlent entre elles et échangent des conseils qu'elles garderont ou pas, selon leurs besoins du moment. Les informations sont ainsi divulgués plus généreusement.

Pour prendre un exemple : Si nous allons au cinéma voir le même film, nous ne parlerons que du même film à la suite de la projection. Si une personne va voir un film romantique, une autre un film comique, deux autres un film de science-fiction, enfin une dernière va voir un dessin animé : lorsque tout le monde se réunira, chacun parlera un peu de "son" film et donnera l'envie ou non à d'autres personnes d'aller le voir. Quoi qu'il en soit les autres se feront une idée des autres films et des émotions qu'ils peuvent procurer aux spectateurs. Enfin, nous ne parlerons pas d'un seul film, mais au bout d'un moment, nous parlerons de cinéma".


Le groupe sert et accompagne la progression individuelle de l'athlète. "Le Collectif Féminin FFSB est un groupe qui vit dans le souci du développement de l'individu. La distinction entre le Collectif RELEVE et le Collectif FRANCE, unis dans la même "famille", apporte un plus dans son évolution. Il est en perpétuel mouvement et fonctionne différemment selon les individus qui le composent, selon les échéances et les projets. Il reste le CollFemFFSB avec son histoire mais surtout son présent. 

Pour donner une image : il peut être représenté par un chemin sur lequel nous avançons (en marchant, en courant, à vélo ...), qui croise d'autres chemins d'où des personnes arrivent et d'où d'autres repartent. L'important n'est pas le départ ni l'arrivée. L'important ce sont les rencontres et les aventures de chacun sur le chemin".

Si le collectif a été une source d'apports pour les filles, l'inverse a du également se produire : les athlètes passées par le Collectif ont du apporter une évolution dans le travail mené ? "Plus personnellement, restons dans le domaine professionnel. Un tel collectif m'apporte "un peu" de responsabilités et de remises en question permanente. En terme d'accueil, de préparation, de démarche d'entrainement et enfin de coaching, je pense que les filles peuvent témoigner que rien n'est jamais pareil. La façon de préparer Saluzzo 2015, par exemple, est à mille lieux de la préparation et du coaching de Mâcon 2014".


Des rendez-vous internationaux fondateurs.

Des interviews ressort l'existence de rendez-vous clefs dans le parcours des athlètes, notamment au travers des Challenges Internationaux et bien sûr de Mâcon, qui a laissé des traces dans la tête des filles et aussi du public ! Quels sont leurs apports dans la vie du Collectif ? "Les challenges internationaux servent à promouvoir l'activité et nous permettent de faire évoluer certaines athlètes sans véritable pression de résultats. Le Groupe prend des marques en compétitions "sympathiques" et le staff prépare les échéances plus stressantes, à court ou long terme, en prenant un rôle d'observateur et d'accompagnateur. En ce qui concerne Mâcon, c'est loin tout ça, non ? »

Collectif Féminin FFSB et Euro Féminin : une histoire commune

Le Collectif est né en 2011, le premier championnat d'Europe aussi ! Les deux ont donc, indirectement, une histoire commune. Qu'est ce que l'installation de ce nouveau rendez-vous international a permis dans le travail du Collectif ? "C'est un bien d'avoir une compétition majeure en plus et d'avoir un objectif sportif minimum par saison pour l'équipe de France. Malheureusement, il n'y a qu'une seule compétition à enjeu international dans l'année : ce n'est pas facile de faire progresser les athlètes dans un seul et tel contexte. Il faut donc trouver d'autres moyens comme les stages nationaux. Mais rien ne peut remplacer une belle compétition. Pour revenir aux challenges internationaux récents, ils apportent des échanges avec les autres nations. Ainsi les athlètes ne découvrent pas leurs adversaires que sur l'Euro ou le Mondial. C'est une sorte d'adaptation et d'échanges, mais cela ne va pas plus loin".


Après Rogaska Slatina (Slovénie, 2011) et Komiza (Croatie, 2013), le championnat d'Europe évoluera avec pour la première fois, les six épreuves réunies, à Saluzzo (Italie 2015). Confiance a été faite à une jeunesse (un peu plus de 21 ans de moyenne d'âge) qui a évolué au sein du Collectif depuis 2011. Pourquoi ces choix ? "Comme expliqué précédemment, une compétition d'envergure par an ne facilite pas le développement international des athlètes. Partir faire une compétition internationale n'a rien à voir avec une match de club sportif ou un tournoi de Super 16. Les filles réalisent une ou deux parties par jour et la compétition est étalée sur la semaine en général. En club, elles produisent deux à quatre épreuves différentes en une après-midi et en concours traditionnel, elles jouent deux à cinq parties en un week-end. Cela peut être dur à comprendre mais les mises en situations sont totalement différentes. C'est un peu comme une personne capable de s'exprimer pleinement en double et pas du tout en quadrette. C'est une question de rythme, de confiance en soi, de confiance aux autres, de volonté.

Avec une seule compétition par an, il est difficile de se faire une idée sur la capacité d'adaptation de telle ou telle athlète, non ? J'ai décidé de donner la chance à des filles de s'exprimer. Ca ne veut pas dire que celles qui ne viennent pas à cette compétition sont abandonnées pour le reste du chemin à parcourir.  C'est un choix parmi tant d'autres possibles. Il est réfléchi et va dans le sens de l'évolution des athlètes et du CollFemFFSB en général. Certes l'équipe est jeune, au même titre que la plupart des autres nations, et elle est préparée comme il se doit. Je fais une totale confiance à chaque fille et au groupe. Je l'ai déjà dis, ce n'est pas une récompense que je leur offre, c'est une mission : celle de s'exprimer pleinement, ni plus ni moins ! Je leur demande d'exprimer leur talent dans un contexte quelque peu inconnu pour elles.


Bien sûr, pourquoi n'avoir pas fait accompagner les "jeunettes" par des filles plus expérimentées ? Justement, pour que la leçon se fasse sans tuteur, sans filet, même si le staff technique et le staff médical seront très présents autour et avec les filles. C'est leur faculté à vivre ensemble, à transcender leurs émotions, à relativiser l'évènement qui sera mise à l'épreuve en Italie... tout ceci dans le but d'exprimer ce qu'elles savent faire, c'est à dire jouer aux boules".

L'entrée dans une compétition est forcément accompagnée d'objectis. Quels sont ceux fixés à l'équipe de France pour cette compétition ? "L'objectif est double ... Individuellement, c'est de faire ce que l'on sait faire. Sans cette étape, il n'est pas question d'espérer un résultat. Si on pense résultat avant de penser à l'action à effectuer, on n'est pas loin de se tromper de cible. Collectivement, c'est de faire en sorte que l'équipe fonctionne et que chaque individu s'épanouisse. Ainsi, nous pensons rester la meilleure nation européenne".

En savoir plus :

Euro Féminin, Saluzzo 2015 en direct sur Sport Boules Diffusion.

D'autres bleues espérent la médaille d'or sur federbocce.it.

Derniers préparatifs à Saluzzo sur fiboules.org


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